Miser sur les PME débutantes non cotées via le financement participatif ou « crowdfunding »

Par Laurence Boccara | 13/12

Faute d’obtenir des financements bancaires, les jeunes chefs d’entreprise se tournent de plus en plus vers le « crowdfunding ».

Les plates-formes de financement participatif ou « crowdfunding », dédiés aux PME débutantes non cotées, essaiment sur la Toile (Anaxago, SmartAngels, KissKissBankBank, WiSEED). Plus accessible que les réseaux de « business angel », le financement participatif permet au particulier d’investir dans un projet d’entreprise à partir de 100 euros.

Un premier tri de sociétés en quête de financements est réalisé par ces plates-formes spécialisées.

Faible liquidité

Chaque dossier sélectionné est dans un deuxième temps soumis au vote de la communauté des « crowdfunders », avant d’être mis en ligne avec une campagne de souscription limitée dans le temps.  « On prévient d’emblée les investisseurs que l’argent investi doit être mobilisé pendant au moins cinq ans. C’est le temps nécessaire pour une société de faire ses preuves », souligne Thierry Mercuriol, président-fondateur de WiSEED. Ce placement est d’ailleurs peu liquide. Les sorties ne sont envisageables qu’à l’occasion du rachat des parts par le dirigeant ou l’entrée d’un actionnaire important.

Dans ce genre d’opération, le retour sur investissement n’est pas assuré.  « Sur 10 sociétés financées, un tiers réalisera de belles performances, un tiers s’en sortira correctement et un tiers échouera. Pour les réussites, on peut tabler sur un taux de rendement interne (TRI) de 7 à 12 % », indique Thierry Mercuriol.

Pour Stéphane L., quarante-neuf ans, son premier investissement s’est révélé fructueux.  « J’ai misé 1.500 euros sur la société Antabio. Sa réussite rapide m’a permis d’empocher 3.800 euros à la sortie », raconte ce dernier. Depuis, il a délaissé le placement boursier pour le « crowdfunding ».

Carotte fiscale

« A ce jour, j’ai consacré 20.000 euros au “crowdfunding“, répartis dans trois start-up (Almateos, MyFeelBack, Devatix) auxquelles je crois. Plus qu’un investissement financier, c’est aussi un investissement personnel. Je rencontre les fondateurs et si possible je leur ouvre des portes pour les aider à développer leur société », explique-t-il. Côté fiscal, il avoue apprécier l’avantage à l’entrée.  « Grâce à mes investissements dans le “crowdfunding”, je ne paie plus d’impôt sur le revenu depuis deux ans », se réjouit-il.

Pour mémoire, à condition que la société soit en phase d’amorçage, affiche un effectif inférieur à 250 personnes et un chiffre d’affaires de moins de 50 millions d’euros, le contribuable est autorisé à déduire de son impôt sur le revenu 18 % des sommes investies dans la limite de 9.000 euros pour une personne seule et 18.000 euros pour un couple marié. Cet investissement ouvre aussi droit à une réduction de son ISF équivalente à 50 % des sommes investies dans la limite de 45.000 euros. 

L. B., Les Echos

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